Le schéma corporel, ou comment je perçois mon corps !

Schéma Corporel

Le schéma corporel c’est une notion importante en psychomotricité car centrale.

Toutes les fonctions psychomotrices interagissent entre elles. Quand le schéma corporel n’est pas mis en place, cela se répercute dans toutes les sphères psychomotrices de l’individu.

Le schéma corporel peut paraitre un terme barbare et obscur de prime abord. On peut le confondre avec l’Image du Corps. Pour autant ce sont deux notions complètement différentes.

On peut avoir un schéma corporel intègre et une image du corps très altérée ou inversement, une image du corps de bonne qualité et un schéma corporel complètement désorganisé.

Le schéma corporel est la carte mentale que l’on fait de son propre corps. C’est-à-dire que c’est ce qui nous permet de dire que j’ai deux bras, deux jambes, un dos, un ventre, une tête, deux pieds, deux mains. C’est mon corps, il m’appartient et me constitue. Je le reconnais comme étant mien.

Quand je ferme les yeux, j’arrive à savoir comment je suis positionnée, dans quelle posture que j’ai les yeux ouverts ou fermés. Je n’ai pas besoin de réfléchir à savoir « mais où est partie ma main ? ». Je sais qu’elle fait partie de mon corps, où elle se trouve, qu’elle ne va pas s’éloigner et va rester reliée à mon bras par mon poignet.

Parmi les choses qui alimentent le schéma corporel, il y a :

  • Les sens externes : vue, audition, toucher, odorat, gout. Ces sens vont alimenter nos perceptions et nous permettre de ressentir la frontière de notre corps avec le monde extérieur.
  • Les sens internes :

On nomme intéroception les ressentis internes comme les gargouillis, la température (trop chaud, trop froid), faim, soif, douleur…

La proprioception, c’est à dire la conscience que l’on a de nos muscles de nourrir le schéma corporel. La proprioception est en lien étroit avec le tonus (cf article Tonus)

  • La kinesthésie, le sens du mouvement.

Une fois la carte mentale est élaborée, le cerveau va pouvoir coordonner les différents mouvements.

Si le cerveau dans sa carte sait via cette carte où se trouve le pied, il va pouvoir commander aux bons muscles de lever l’orteil. Cela ne sera pas possible si le cerveau ne sait pas précisément où est localisé l’orteil.

Le schéma corporel quand il est bien mis en place : cela se traduit par la connaissance nominale, je peux nommer les parties de mon corps, mais aussi et surtout par la connaissance perceptive. C’est-à-dire que si on me touche le bras : je vais pouvoir localiser où est-ce que je suis touchée, et si c’est un élément extérieur ou intérieur. Je serais en mesure de différencier avec une crampe musculaire avec un contact externe.

Si je prends une certaine position la nuit, je vais savoir au réveil comment je suis positionnée « instinctivement » (car le schéma corporel agit de manière autonome) sans avoir besoin de me regarder de pied en cap.

De même si je me réveille la nuit, même sans voir le chemin, mon sens kinesthésique (mémoire du mouvement) va se souvenir à quelle distance ressentie se trouve les murs, l’emplacement de la poignée de porte sans même la voir. Mon corps et mes muscles connaissent le mouvement, le schème moteur à effectuer pour trouver la poignée dans le noir complet.

Tant que le cerveau n’a pas une représentation neurologique du corps, un schéma corporel intègre, il lui est compliqué de coordonner les mouvements.

En effet, un trouble du schéma corporel va avoir des répercussions sur :

  • la motricité globale et fine : comment commander un mouvement précis et efficace si la carte du chemin à effectuer est incomplète ?
  • l’organisation dans l’espace : notre premier repère est notre corps à partir duquel on étend notre orientation. Tant que les notions topologiques de base ne sont pas ressenties sur notre corps, cela ne peut s’étendre au monde externe.
  • Le rythme, le temps : comment faire un geste moteur au bon moment (ni trop tôt, ni trop tard), ressentir le temps qui passe si notre corps n’est pas intègre, si on ne sait pas s’il sera toujours complet demain, si on a pas un sentiment de continuité d’existence.
  • Etc…

 

L’image du corps, c’est l’image que l’on a de soi, la façon dont on se trouve « psychiquement ».

Dans le schéma corporel, ce qui compte c’est l’intégrité du corps : j’ai deux bras, deux jambes, une tête, un ventre, un dos… Le corps est objectivé.

Dans l’image du corps, ce qui compte, c’est comment on se trouve, si on se trouve beau, trop gros, laide, trop maigre, pas assez comme ci, trop comme ça. C’est l’image narcissique que l’on a de soi.

Par exemple, la personne anorexique a un problème d’image du corps, elle se trouve trop grosse alors qu’objectivement elle ne l’est pas. Elle a pourtant un schéma corporel intègre et sait comment elle se positionne dans l’espace, qu’elle a deux bras, deux jambes, une tête, un ventre, un dos, …

Il est question pour une personne atteint d’anorexie, de réinvestir son corps.

De même, les personnes qui ont recourt de façon abusive à la chirurgie esthétique ont probablement une image du corps altérée, avec une image de soi dévalorisé.

Ça, c’est pour ce qui est des troubles de l’image du corps indépendamment d’un trouble du schéma corporel.

On peut avoir un trouble du schéma corporel, sans avoir de trouble de l’image du corps.

Chez l’enfant, le schéma corporel peut mettre plus de temps à s’intégrer à cause d’un retard de myélinisation (le système nerveux ne mature pas assez vite, (cf partie sur la myelinisation), d’un manque d’expériences corporelles et sensorielles, de pathologies diverses et variées….

Chez la personne âgée, on retrouve également des troubles fréquents du schéma corporel, notamment dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. En effet, avec l’émoussement sensoriel lié à l’âge (on voit moins bien, on entend moins bien mais aussi on se ressent moins bien) et la pathologie d’Alzheimer, la personne âgée à un stade modéré à avancé, ne sait plus automatiquement comment elle se positionne, ni si on la touche à quel endroit elle est touchée.

Cela peut avoir des répercussions lors des moments de toilette, où la personne âgée va s’agiter, devenir agressive contre le/la soignante, car elle n’est plus en mesure de comprendre ce qui lui arrive, qui la touche et si son corps reste entier. Cela peut jouer aussi sur les troubles de l’équilibre, beaucoup de personnes âgées ne ressentent plus très bien leurs pieds, ce qui fait que lors de promenade, elles ressentent moins bien les irrégularités au sol et le risque de chute augmente considérablement.

Voilà, on a fait un peu le tour de la notion de schéma corporel, qui je l’espère est maintenant plus claire à vos yeux.

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