La Motricité Globale

La motricité globale, encore appelée « Coordination Dynamique Générale soit CDG » correspond à tout ce qui nous permet de bouger, d’être en action.

Elle est déterminée génétiquement, ce qui fait que tous les êtres humains passent par les mêmes étapes de développement psychomoteur. Il y a ensuite des différences interindividuelles, dépendant de :

  • La maturation du cerveau

Le cerveau de l’enfant nait immature. Il manque la gaine de myeline sur les neurones lui permettant de créer des autoroutes d’influx nerveux. Cette immaturité nous permet d’affiner nos compétences et de les sublimer. Cf Le Tonus.

Bébé avec plagiocéphalie à gauche

La boite crânienne est d’ailleurs très souple et malléable les premières années de vie pour permettre le développement du cerveau. D’où les plagiocéphalies/bradycéphalie qui peuvent s’installer les premiers mois de vie.

 

  • Des aptitudes personnelles

On nait chacun avec un potentiel moteur, nous ne sommes pas tous destinés à devenir acrobates, sportif de haut niveau ou danseuse étoile. Pour autant, nous avons tous nos spécificités, nos points forts et points de défi (sens du rythme, coordination, force, précision du geste)

 

  • Des expériences motrices vécues par l’enfant.

Un enfant qui joue souvent dehors, grimpe aux arbres, joue dans les parcs, etc,.. n’aura pas les mêmes expériences que celui qui est laissé dans un parc ou joue seul à la maison devant un écran. Nos expériences permettent au cerveau d’intégrer les mouvements et les données corporelles.

 

  • De l’attitude que l’on a vis-à-vis de la motricité de notre enfant.

Certains comportements et propositions motrices vont dans le sens du développement, d’autres ont tendance à entraver son développement. Selon que l’on éduque son enfant en motricité libre ou avec plusieurs heures par jour de youpala (deux exemples aux antipodes l’un l’autre), l’impact sur son développement ne sera bien évidemment pas le même.

Les premières étapes du développement moteur conduisant à l’acquisition de la marche sont donc prédéterminées. Tous les enfants de la Terre passent globalement par les mêmes étapes.

Celles-ci ont été décrites par Le Metayer en 1963 sous l’appellation Niveau d’Evolution Motrice (NEM pour les intimes). Les NEM sont pour lui « le fil conducteur de l’éducation thérapeutique de la locomotion ».

L’enfant va acquérir grâce à ses expériences motrices, des aptitudes, une musculature adaptée et progressivement acquérir des mouvements et passages lui permettant de changer de position.

Sur les premiers temps de vie, on peut distinguer 3 phases de développement, la phase statique, la phase dynamique et la phase de la verticalité.

 

  • La phase Statique (de la naissance à 6 mois)

Cet phase est explorée par l’enfant de sa naissance à ses 6 mois environ. Elle correspond aux moments où le bébé est situé à plat sur le sol sans chercher à se déplacer.

Il explore à ce moment ses sensations, le poids de la pesanteur chose nouvelle pour lui depuis sa naissance, le contact de son dos ou de son ventre contre le sol, les différents mouvements qu’il peut réaliser.

A la naissance, il bouge principalement les mains et les jambes, ces mouvements, désordonnés et aléatoires sont le signe d’un développement normal.

Si bébé réalise tout le temps le même mouvement ou qu’il y a prépondérance importante d’un côté, cela peut être le signe d’une anomalie et il faut alors en parler à votre pédiatre ou médecin traitant, un psychomotricien ou un kinésithérapeute.

Les deux grandes positions sont la position sur le dos, et celle sur le ventre.

  • La phase Dynamique (5 à 10 mois)

Ça y est, bébé s’éveille de plus en plus et des envies lui prennent d’explorer son environnement plus activement.

Dès qu’il est à plat dos, bébé se retourne pour sa position fétiche sur le ventre et ainsi chercher à attraper et manipuler des jouets et tenter ses premiers déplacements.

  • Transfert du poids et retournements

Il maîtrise de mieux en mieux le transfert du poids du corps, s’appuie tantôt d’un côté, tantôt de l’autre pour manipuler à sa guise ses jouets.

Durant cette période, le bébé a plus conscience de ses mouvements et de son corps. Les appuis au sol, sur quasi toute la surface de son corps puisqu’allongé au sol, lui permettent de recevoir pleins d’informations sensorielles et d’alimenter son schéma corporel. Cette phase est primordiale pour apprendre à connaitre son enveloppe corporelle.

En effet, lorsque bébé marchera, il disposera de beaucoup moins d’informations tactiles puisque seuls ses pieds seront en contact avec le sol.

  • Déplacement latéral par l’enchainement des retournements

Au niveau des déplacements, bébé va pouvoir enchainer de plus en plus facilement les retournements dos/ventre et ventre/dos. Des retournements à répétition vont lui permettre de se déplacer latéralement sur de courtes distances.

  • Ramper en marche arrière

Il va ensuite découvrir qu’il peut repousser sur le sol avec ses bras, en expérimentant sa force musculaire. Cela va entrainer un ramper en marche arrière permettant ainsi un déplacement.

  • Ramper en marche avant

Puis tranquillement, il va comprendre comment avancer en se tractant avec ses bras. A ce stade, bébé rampe en marche avant et explore activement son environnement.

  • Marche à quatre pattes

Au fil des semaines, il va se renforcement musculairement et ainsi se préparer au 4 pattes. Hop, je repousse le sol avec mes mains et remonte mes genoux pour soulever mes fesses, me voilà en position ! J’explore ici mon équilibre, me balance d’avant en arrière, découvre la position. Une fois cela acquis, je me lance à l’aventure.

 

  • Phase de la verticalité (à partir de 8 mois)

Bébé ouvre son champ visuel grâce à la verticalité. Il la découvre notamment via la position assise.

A partir de 7/8 mois, bébé cherche à s’asseoir. Pour y arriver, le point de départ est la position ventrale, s’en suit un passage par la position assis plage puis bébé se redresse.

Petit rappel : Ne jamais mettre un bébé dans une position qu’il ne sait pas prendre seul, et apprendre à bébé dès le début comment se sortir de la position. Cette règle vaut pour les temps d’éveil et de jeux, on peut placer bébé assis le temps du repas ce qui peut être impératif notamment si vous êtes en DME (Diversification Menée par l’Enfant).

La position assise s’acquiert le plus généralement après le ramper, voir le 4 pattes.

Une fois la mise en position assise maitrisée et les déplacements au sol, bébé va se redresser petit à petit pour atteindre la station debout, et dans un second temps, la marche.

Ces étapes seront plus détaillées dans un prochain article sur les NEM.

Une fois la verticalité acquise, le développement moteur de l’enfant suit son cours.

Les 3 grandes étapes psychomotrices sont les suivantes :

  • Marche

L’âge moyen d’acquisition de la marche est de 14 mois, entre 9/10 et 18mois. Au-delà de 18mois, il convient de consulter.

L’enfant marche tout d’abord avec les pieds écartés (augmentation du polygone de sustentation) afin d’avoir une meilleure base d’équilibre. Au fil de ses pas, cet écart diminue, le polygone se réduit.

  • Course

A partir de 18 mois environ, l’enfant s’élance et commence à courir. La course est de l’ordre du plaisir !

  • Sauts

L’acquisition progressive des sauts, se fait à partir de 20mois.

Le saut simple est d’abord maitrisé, suivi du saut pieds joints (3ans ½ /4ans) puis du saut à cloche pied (vers 4ans sur le pied préférentiel).

Ces trois étapes sont parfois regroupées sous l’appellation MCS (Marche course saut) lors de bilans psychomoteurs. Elles font parties de l’arsenal de base pour évaluer l’aisance corporelle et les coordinations et sont proposées à tout âge, sous diverses formes, mais sont toujours appréciées lors du bilan.

 

En conclusion, la motricité globale, la marche et tout ce qui nous permet de nous mouvoir et d’être en action est le fruit d’acquisitions complexes.

Même adulte, la marche et les mouvements caractérisent l’individu. On ne se déplace pas de la même façon que son voisin que ça soit au niveau de l’attitude, de la posture, du rythme, du balancement des membres. Cela constitue notre démarche.

Les personnes qui portent des lunettes (et dont j’ai moi-même fait partie 23ans avant de me faire opérer) le savent bien. Sans leurs lunettes, sans voir qui est la personne qui arrive vers elles, elles peuvent reconnaitre celles-ci à leurs démarches quand ce sont des personnes familières.

Cet article donne quelques clefs et repères de développement. Il ne remplace en rien l’avis d’un professionnel de santé ayant rencontré votre enfant. Si vous avez des doutes quant au bon développement de votre enfant, parlez-en à votre pédiatre ou médecin qui prescrira au besoin un bilan psychomoteur.

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