La Motricité Globale

La motricité globale, encore appelée « Coordination Dynamique Générale soit CDG » correspond à tout ce qui nous permet de bouger, d’être en action.

Elle est déterminée génétiquement, ce qui fait que tous les êtres humains passent par les mêmes étapes de développement psychomoteur. Il y a ensuite des différences interindividuelles, dépendant de :

  • La maturation du cerveau

Le cerveau de l’enfant nait immature. Il manque la gaine de myeline sur les neurones lui permettant de créer des autoroutes d’influx nerveux. Cette immaturité nous permet d’affiner nos compétences et de les sublimer. Cf Le Tonus.

Bébé avec plagiocéphalie à gauche

La boite crânienne est d’ailleurs très souple et malléable les premières années de vie pour permettre le développement du cerveau. D’où les plagiocéphalies/bradycéphalie qui peuvent s’installer les premiers mois de vie.

 

  • Des aptitudes personnelles

On nait chacun avec un potentiel moteur, nous ne sommes pas tous destinés à devenir acrobates, sportif de haut niveau ou danseuse étoile. Pour autant, nous avons tous nos spécificités, nos points forts et points de défi (sens du rythme, coordination, force, précision du geste)

 

  • Des expériences motrices vécues par l’enfant.

Un enfant qui joue souvent dehors, grimpe aux arbres, joue dans les parcs, etc,.. n’aura pas les mêmes expériences que celui qui est laissé dans un parc ou joue seul à la maison devant un écran. Nos expériences permettent au cerveau d’intégrer les mouvements et les données corporelles.

 

  • De l’attitude que l’on a vis-à-vis de la motricité de notre enfant.

Certains comportements et propositions motrices vont dans le sens du développement, d’autres ont tendance à entraver son développement. Selon que l’on éduque son enfant en motricité libre ou avec plusieurs heures par jour de youpala (deux exemples aux antipodes l’un l’autre), l’impact sur son développement ne sera bien évidemment pas le même.

Les premières étapes du développement moteur conduisant à l’acquisition de la marche sont donc prédéterminées. Tous les enfants de la Terre passent globalement par les mêmes étapes.

Celles-ci ont été décrites par Le Metayer en 1963 sous l’appellation Niveau d’Evolution Motrice (NEM pour les intimes). Les NEM sont pour lui « le fil conducteur de l’éducation thérapeutique de la locomotion ».

L’enfant va acquérir grâce à ses expériences motrices, des aptitudes, une musculature adaptée et progressivement acquérir des mouvements et passages lui permettant de changer de position.

Sur les premiers temps de vie, on peut distinguer 3 phases de développement, la phase statique, la phase dynamique et la phase de la verticalité.

 

  • La phase Statique (de la naissance à 6 mois)

Cet phase est explorée par l’enfant de sa naissance à ses 6 mois environ. Elle correspond aux moments où le bébé est situé à plat sur le sol sans chercher à se déplacer.

Il explore à ce moment ses sensations, le poids de la pesanteur chose nouvelle pour lui depuis sa naissance, le contact de son dos ou de son ventre contre le sol, les différents mouvements qu’il peut réaliser.

A la naissance, il bouge principalement les mains et les jambes, ces mouvements, désordonnés et aléatoires sont le signe d’un développement normal.

Si bébé réalise tout le temps le même mouvement ou qu’il y a prépondérance importante d’un côté, cela peut être le signe d’une anomalie et il faut alors en parler à votre pédiatre ou médecin traitant, un psychomotricien ou un kinésithérapeute.

Les deux grandes positions sont la position sur le dos, et celle sur le ventre.

  • La phase Dynamique (5 à 10 mois)

Ça y est, bébé s’éveille de plus en plus et des envies lui prennent d’explorer son environnement plus activement.

Dès qu’il est à plat dos, bébé se retourne pour sa position fétiche sur le ventre et ainsi chercher à attraper et manipuler des jouets et tenter ses premiers déplacements.

  • Transfert du poids et retournements

Il maîtrise de mieux en mieux le transfert du poids du corps, s’appuie tantôt d’un côté, tantôt de l’autre pour manipuler à sa guise ses jouets.

Durant cette période, le bébé a plus conscience de ses mouvements et de son corps. Les appuis au sol, sur quasi toute la surface de son corps puisqu’allongé au sol, lui permettent de recevoir pleins d’informations sensorielles et d’alimenter son schéma corporel. Cette phase est primordiale pour apprendre à connaitre son enveloppe corporelle.

En effet, lorsque bébé marchera, il disposera de beaucoup moins d’informations tactiles puisque seuls ses pieds seront en contact avec le sol.

  • Déplacement latéral par l’enchainement des retournements

Au niveau des déplacements, bébé va pouvoir enchainer de plus en plus facilement les retournements dos/ventre et ventre/dos. Des retournements à répétition vont lui permettre de se déplacer latéralement sur de courtes distances.

  • Ramper en marche arrière

Il va ensuite découvrir qu’il peut repousser sur le sol avec ses bras, en expérimentant sa force musculaire. Cela va entrainer un ramper en marche arrière permettant ainsi un déplacement.

  • Ramper en marche avant

Puis tranquillement, il va comprendre comment avancer en se tractant avec ses bras. A ce stade, bébé rampe en marche avant et explore activement son environnement.

  • Marche à quatre pattes

Au fil des semaines, il va se renforcement musculairement et ainsi se préparer au 4 pattes. Hop, je repousse le sol avec mes mains et remonte mes genoux pour soulever mes fesses, me voilà en position ! J’explore ici mon équilibre, me balance d’avant en arrière, découvre la position. Une fois cela acquis, je me lance à l’aventure.

 

  • Phase de la verticalité (à partir de 8 mois)

Bébé ouvre son champ visuel grâce à la verticalité. Il la découvre notamment via la position assise.

A partir de 7/8 mois, bébé cherche à s’asseoir. Pour y arriver, le point de départ est la position ventrale, s’en suit un passage par la position assis plage puis bébé se redresse.

Petit rappel : Ne jamais mettre un bébé dans une position qu’il ne sait pas prendre seul, et apprendre à bébé dès le début comment se sortir de la position. Cette règle vaut pour les temps d’éveil et de jeux, on peut placer bébé assis le temps du repas ce qui peut être impératif notamment si vous êtes en DME (Diversification Menée par l’Enfant).

La position assise s’acquiert le plus généralement après le ramper, voir le 4 pattes.

Une fois la mise en position assise maitrisée et les déplacements au sol, bébé va se redresser petit à petit pour atteindre la station debout, et dans un second temps, la marche.

Ces étapes seront plus détaillées dans un prochain article sur les NEM.

Une fois la verticalité acquise, le développement moteur de l’enfant suit son cours.

Les 3 grandes étapes psychomotrices sont les suivantes :

  • Marche

L’âge moyen d’acquisition de la marche est de 14 mois, entre 9/10 et 18mois. Au-delà de 18mois, il convient de consulter.

L’enfant marche tout d’abord avec les pieds écartés (augmentation du polygone de sustentation) afin d’avoir une meilleure base d’équilibre. Au fil de ses pas, cet écart diminue, le polygone se réduit.

  • Course

A partir de 18 mois environ, l’enfant s’élance et commence à courir. La course est de l’ordre du plaisir !

  • Sauts

L’acquisition progressive des sauts, se fait à partir de 20mois.

Le saut simple est d’abord maitrisé, suivi du saut pieds joints (3ans ½ /4ans) puis du saut à cloche pied (vers 4ans sur le pied préférentiel).

Ces trois étapes sont parfois regroupées sous l’appellation MCS (Marche course saut) lors de bilans psychomoteurs. Elles font parties de l’arsenal de base pour évaluer l’aisance corporelle et les coordinations et sont proposées à tout âge, sous diverses formes, mais sont toujours appréciées lors du bilan.

 

En conclusion, la motricité globale, la marche et tout ce qui nous permet de nous mouvoir et d’être en action est le fruit d’acquisitions complexes.

Même adulte, la marche et les mouvements caractérisent l’individu. On ne se déplace pas de la même façon que son voisin que ça soit au niveau de l’attitude, de la posture, du rythme, du balancement des membres. Cela constitue notre démarche.

Les personnes qui portent des lunettes (et dont j’ai moi-même fait partie 23ans avant de me faire opérer) le savent bien. Sans leurs lunettes, sans voir qui est la personne qui arrive vers elles, elles peuvent reconnaitre celles-ci à leurs démarches quand ce sont des personnes familières.

Cet article donne quelques clefs et repères de développement. Il ne remplace en rien l’avis d’un professionnel de santé ayant rencontré votre enfant. Si vous avez des doutes quant au bon développement de votre enfant, parlez-en à votre pédiatre ou médecin qui prescrira au besoin un bilan psychomoteur.

Le schéma corporel, ou comment je perçois mon corps !

Le schéma corporel, ou comment je perçois mon corps !

Schéma Corporel

Le schéma corporel c’est une notion importante en psychomotricité car centrale.

Toutes les fonctions psychomotrices interagissent entre elles. Quand le schéma corporel n’est pas mis en place, cela se répercute dans toutes les sphères psychomotrices de l’individu.

Le schéma corporel peut paraitre un terme barbare et obscur de prime abord. On peut le confondre avec l’Image du Corps. Pour autant ce sont deux notions complètement différentes.

On peut avoir un schéma corporel intègre et une image du corps très altérée ou inversement, une image du corps de bonne qualité et un schéma corporel complètement désorganisé.

Le schéma corporel est la carte mentale que l’on fait de son propre corps. C’est-à-dire que c’est ce qui nous permet de dire que j’ai deux bras, deux jambes, un dos, un ventre, une tête, deux pieds, deux mains. C’est mon corps, il m’appartient et me constitue. Je le reconnais comme étant mien.

Quand je ferme les yeux, j’arrive à savoir comment je suis positionnée, dans quelle posture que j’ai les yeux ouverts ou fermés. Je n’ai pas besoin de réfléchir à savoir « mais où est partie ma main ? ». Je sais qu’elle fait partie de mon corps, où elle se trouve, qu’elle ne va pas s’éloigner et va rester reliée à mon bras par mon poignet.

Parmi les choses qui alimentent le schéma corporel, il y a :

  • Les sens externes : vue, audition, toucher, odorat, gout. Ces sens vont alimenter nos perceptions et nous permettre de ressentir la frontière de notre corps avec le monde extérieur.
  • Les sens internes :

On nomme intéroception les ressentis internes comme les gargouillis, la température (trop chaud, trop froid), faim, soif, douleur…

La proprioception, c’est à dire la conscience que l’on a de nos muscles de nourrir le schéma corporel. La proprioception est en lien étroit avec le tonus (cf article Tonus)

  • La kinesthésie, le sens du mouvement.

Une fois la carte mentale est élaborée, le cerveau va pouvoir coordonner les différents mouvements.

Si le cerveau dans sa carte sait via cette carte où se trouve le pied, il va pouvoir commander aux bons muscles de lever l’orteil. Cela ne sera pas possible si le cerveau ne sait pas précisément où est localisé l’orteil.

Le schéma corporel quand il est bien mis en place : cela se traduit par la connaissance nominale, je peux nommer les parties de mon corps, mais aussi et surtout par la connaissance perceptive. C’est-à-dire que si on me touche le bras : je vais pouvoir localiser où est-ce que je suis touchée, et si c’est un élément extérieur ou intérieur. Je serais en mesure de différencier avec une crampe musculaire avec un contact externe.

Si je prends une certaine position la nuit, je vais savoir au réveil comment je suis positionnée « instinctivement » (car le schéma corporel agit de manière autonome) sans avoir besoin de me regarder de pied en cap.

De même si je me réveille la nuit, même sans voir le chemin, mon sens kinesthésique (mémoire du mouvement) va se souvenir à quelle distance ressentie se trouve les murs, l’emplacement de la poignée de porte sans même la voir. Mon corps et mes muscles connaissent le mouvement, le schème moteur à effectuer pour trouver la poignée dans le noir complet.

Tant que le cerveau n’a pas une représentation neurologique du corps, un schéma corporel intègre, il lui est compliqué de coordonner les mouvements.

En effet, un trouble du schéma corporel va avoir des répercussions sur :

  • la motricité globale et fine : comment commander un mouvement précis et efficace si la carte du chemin à effectuer est incomplète ?
  • l’organisation dans l’espace : notre premier repère est notre corps à partir duquel on étend notre orientation. Tant que les notions topologiques de base ne sont pas ressenties sur notre corps, cela ne peut s’étendre au monde externe.
  • Le rythme, le temps : comment faire un geste moteur au bon moment (ni trop tôt, ni trop tard), ressentir le temps qui passe si notre corps n’est pas intègre, si on ne sait pas s’il sera toujours complet demain, si on a pas un sentiment de continuité d’existence.
  • Etc…

 

L’image du corps, c’est l’image que l’on a de soi, la façon dont on se trouve « psychiquement ».

Dans le schéma corporel, ce qui compte c’est l’intégrité du corps : j’ai deux bras, deux jambes, une tête, un ventre, un dos… Le corps est objectivé.

Dans l’image du corps, ce qui compte, c’est comment on se trouve, si on se trouve beau, trop gros, laide, trop maigre, pas assez comme ci, trop comme ça. C’est l’image narcissique que l’on a de soi.

Par exemple, la personne anorexique a un problème d’image du corps, elle se trouve trop grosse alors qu’objectivement elle ne l’est pas. Elle a pourtant un schéma corporel intègre et sait comment elle se positionne dans l’espace, qu’elle a deux bras, deux jambes, une tête, un ventre, un dos, …

Il est question pour une personne atteint d’anorexie, de réinvestir son corps.

De même, les personnes qui ont recourt de façon abusive à la chirurgie esthétique ont probablement une image du corps altérée, avec une image de soi dévalorisé.

Ça, c’est pour ce qui est des troubles de l’image du corps indépendamment d’un trouble du schéma corporel.

On peut avoir un trouble du schéma corporel, sans avoir de trouble de l’image du corps.

Chez l’enfant, le schéma corporel peut mettre plus de temps à s’intégrer à cause d’un retard de myélinisation (le système nerveux ne mature pas assez vite, (cf partie sur la myelinisation), d’un manque d’expériences corporelles et sensorielles, de pathologies diverses et variées….

Chez la personne âgée, on retrouve également des troubles fréquents du schéma corporel, notamment dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. En effet, avec l’émoussement sensoriel lié à l’âge (on voit moins bien, on entend moins bien mais aussi on se ressent moins bien) et la pathologie d’Alzheimer, la personne âgée à un stade modéré à avancé, ne sait plus automatiquement comment elle se positionne, ni si on la touche à quel endroit elle est touchée.

Cela peut avoir des répercussions lors des moments de toilette, où la personne âgée va s’agiter, devenir agressive contre le/la soignante, car elle n’est plus en mesure de comprendre ce qui lui arrive, qui la touche et si son corps reste entier. Cela peut jouer aussi sur les troubles de l’équilibre, beaucoup de personnes âgées ne ressentent plus très bien leurs pieds, ce qui fait que lors de promenade, elles ressentent moins bien les irrégularités au sol et le risque de chute augmente considérablement.

Voilà, on a fait un peu le tour de la notion de schéma corporel, qui je l’espère est maintenant plus claire à vos yeux.

Le Tonus

Le Tonus

Le tonus est une notion centrale en psychomotricité. Il est impensable de rencontrer un psychomotricien et de discuter avec lui sans qu’il n’aborde les notions de régulation tonique, tonus de fond, tonus d’action, hypotonie, hypertonie, dialogue tonico-émotionnel, expression tonique…

Alfred Vulpian est un physiologiste et neurologue français. 1826-1887

Définition emblématique :

Le Tonus  « C’est l’état de tension active, permanente, involontaire, variable dans son intensité selon les diverses actions syncinétiques qui le renforcent ou l’inhibent. » VULPIAN

La première fois que l’on aborde cette définition, on peut se sentir un peu perdu et déconcerté.

Cela signifie en fait que le tonus est l’état de tension, de contraction des muscles.

Cette tension est continue, permanente que l’on dorme ou que l’on soit éveillé, il existe un tonus de fond.

Elle est involontaire, c’est à dire que c’est le système nerveux autonome (sous corticalisé au niveau du tronc cérébral) qui régule le tonus sans que l’on ait besoin d’y penser constamment.  Bien sur et on y reviendra plus tard, on peut également le contrôler consciemment, mais heureusement pour nous le tonus est maintenu automatiquement.

Le tonus est variable dans son intensité, selon les différentes positions et mouvements que l’on réalise. Il n’y a pas besoin de la même tension selon la position dans laquelle on est pour un muscle défini, que l’on soit assis, allongé ou debout.

Tonus de fond, postural et d’action :

  • Le tonus de fond, également nommé tonus de base :
Le bras de fer est aussi un exemple de contraction isométrique effectuée de façon volontaire et consciente.

La tension qui le constitue est une contraction isométrique, c’est à dire sans mouvement, les insertions musculaires ne bougent pas.

Il permet l’intégrité du corps, la cohésion corporelle. Les différentes parties du corps sont maintenues entre elles grâce aux ligaments et aux articulations. Le corps fait un, est ressenti comme une unité, grâce au tonus de base, qui concourt à avoir une légère contraction musculaire permettant la coaptation articulaire, c’est à dire le maintien des structures articulaires entre elles.

Les différentes parties du corps sont donc en adhérence les unes avec les autres, le tonus que l’on perçoit via la proprioception (ressenti musculaire) permet de se ressentir comme étant délimité, de ressentir notre corps et de pouvoir le différentier des éléments extérieurs. Cela alimente le sentiment d’être soi.

  • Le tonus postural :
Suricate en état de vigilance active. On observe bien ici le redressement postural et donc l’augmentation du tonus.

C’est la tonicité nécessaire au maintien de la posture, c’est à dire la manière dont on se positionne dans l’espace.

Le tonus postural est lié à l’état de vigilance, il s’abaisse lorsque l’on dort et se remobilise lors de l’éveil pour tenir une posture plus active.

Le tonus est également relié à l’état émotionnel. C’est d’ailleurs le premier mode d’expression et de dialogue chez le tout petit et ce dialogue via le tonus, encore appelé dialogue tonico-émotionnel est présent tout au long de la vie

  • Le tonus d’action :

C’est l’état de tension nécessaire pour permettre le mouvement. Il s’agit là de contractions intentionnelles bien que coordonnées inconsciemment.

En effet, on ne réfléchit pas à quels muscles contracter pour lever le bras, pourtant, il y a bien une coordination et une régulation liée à l’action consciente de lever le bras pour réaliser le mouvement.

Les états toniques :

Tonus adapté, harmonieux :

sentiment d’être soi

Lorsque le tonus est adapté et bien régulé, on parle de tonus adapté, harmonieux. Il y a suffisamment de tension pour alimenter un sentiment d’être soi, maintenir une posture sans difficulté et permettre le mouvement et l’action rapidement.

Si le tonus au niveau quantitatif est trop faible ou trop important, cela va se répercuter sur les capacités motrices, relationnelles, posturales de l’individu.

 

Hypotonicité :

Le tonus de fond est une tension pas assez importante. Lorsque le tonus est trop faible, cela peut se répercuter de pleins de façon différentes sur le fonctionnement psychomoteur :

(cette liste est non exhaustive, et chaque individu manifeste des particularités différentes et singulières)

  • recrutement tonique très important pour effectuer un mouvement, induisant un mouvement ralenti et/ une grande fatigabilité.
  • conscience corporelle peu développée
  • maintien de la posture couteux en énergie
  • manque de force musculaire pour effectuer des coordinations motrices globales ou fines

Hypertonicité :

Le tonus de fond est trop important, trop contracté. Tout comme l’hypotonicité, cela peut se manifester de plusieurs façons différentes :

  • corps rigide avec des difficultés à se mouvoir rapidement
  • manque de souplesse en lien avec les rétractions tendineuses qui s’installent lorsque l’hypertonicité perdure.
  • conscience de soi parfois également peu développée, ou alors nécessitant cette forte tension pour maintenir le sentiment d’être soi
  • au niveau des mouvements fins, peu de souplesse et de flexibilité freinant voir bloquant le mouvement.

Développement tonique

Des hypertonies et hypotonies peuvent être normales et physiologiques à certains stades du développement, comme lors des premiers temps de vie.

Chez le nourrisson, on retrouve une hypotonie axiale : le long de la colonne vertébrale, et une hypertonie des membres, qui se trouvent alors fléchis. Cela donne la position dite de quadriflexion chez le tout petit.

Petit point neurologique

On va aborder là, une partie un peu plus précise du développement de l’enfant en lien avec le tonus. Pour ceux qui ne veulent pas s’encombrer de notions physiologiques et neurologiques, rendez vous quelques lignes plus bas…

Le bébé nait immature au niveau neurologique. C’est à dire que les neurones -cellules du système nerveux- ne sont pas encore pleinement opérationnels. Il leur manque la gaine de myeline qui va entourer l’axone. L’axone étant le prolongement du neurone qui permet à une cellule d’allonger un bras pour aller se connecter à un autre neurone ou muscle (on parle alors de moto-neurones) éloigné. Cette gaine de myeline, qui va entourer le neurone, permet au message nerveux de circuler plus rapidement et efficacement.

Image représentant un neurone, l’axone et la gaine de myéline. http://www.gsep.fr/sclerose.html

C’est un peu comme si on naissait avec un réseau de neurones reliés par des routes de chemin en terre, et que progressivement le corps affine le réseau pour le transformer en autoroute sur les chemins les plus empruntés. Le choix de construction des autoroutes après la naissance, permet au corps de s’ajuster au mieux aux besoins dans l’environnement, de s’affiner progressivement. C’est grâce à cela d’ailleurs que l‘apprentissage est très rapide et efficace lorsque l’on est jeune enfant, car ce processus de myelinisation /création d’autoroutes est en cours.

Le plus gros de cette maturation se fera entre la naissance et les deux ans de l’enfant, et il restera un affinement plus lent jusqu’au 12ans de l’enfant.

L’ajustement tonique s’affinera en même temps que l’affinement du contrôle moteur dépendant de la myélinisation.

C’est parce que le nourrisson est immature au niveau neurologique, que le tonus n’est pas encore bien régulé que l’on retrouve cette posture particulière avec une hypotonie axiale et une hypertonie périphérique : bébé en quadriflexion.

Pour autant, malgré cette position particulière, on trouve des variations toniques chez le nourrisson. Ces variations sont le moyen de communication privilégié du nourrisson pour s’exprimer.

Lorsqu’il y a un besoin à satisfaire : faim, froid, besoin de contact/câlin, besoin de présence/stimulation, le bébé va se crisper, pleurer, crier… En se crispant, il crée une hypertonie, qu’on nomme l’hypertonie d’appel. C’est un signe d’appel à l’aide.

Bébé qui pleure, visage contracté et corps tendu. Hypertonie d’appel
Bébé calme et apaisé. Visage et corps décontracté. Hypotonie d’apaisement.

 

 

 

 

 

 

 

Une fois le besoin satisfait, le bébé va pouvoir se détendre, et on constatera une hypotonie, signe d’apaisement.

Le tonus est relié à l’état émotionnel du bébé : tension / apaisement et constitue son mode de communication privilégié.

Toute notre vie, ce moyen de communication reste présent, mais on n’y prête moins attention car sont ensuite privilégiés d’autres moyens de communication comme la parole.

Ce moyen de communication via le tonus s’appelle le dialogue tonico-émotionnel. Il fera l’objet d’un prochain article.

 

Le psychomotricien et le tonus

Le psychomotricien évalue l’état tonique du patient lors du bilan pour déceler éventuellement une hyper ou hypotonie, mais également d’autres troubles du tonus comme des dystonies, un défaut de régulation tonique, etc… Si le tonus est harmonieux, ce sera alors un outil et point d’appui pour le travail en psychomotricité.

Le psychomotricien évalue également la qualité du dialogue tonico-émotionnel, et la cohérence ou pas de la communication. Il se peut par exemple qu’une personne exprime un discours oralement qui n’est pas en adéquation avec le discours corporel.

L’évaluation du tonus se fait via un examen tonique, le psychomotricien vient mobiliser (faire bouger) le patient avec des épreuves de ballant et d’extensibilité, mais aussi vient appréhender les capacités de détente encore appelée capacités de résolution musculaire spontanée. Avec son regard clinique, il observe tout au long de la passation les manifestations toniques avec une sensibilité spécifique à l’exercice du psychomotricien.

Le décret de compétence le désigne d’ailleurs comme le professionnel privilégié pour tout trouble de la maturation et de la régulation tonique, cf décret ci joint

Les bases de l’apprentissage

Les bases de l’apprentissage

Les bases de l’apprentissage – Comment apprend-t-on ?

Comment fait-on pour apprendre à marcher ? Comment apprend-t-on à bouger ? Comment apprend-t-on à compter ?

A première vue, il semble y avoir pleins de manières différentes pour apprendre, et pourtant on peut catégoriser les processus d’apprentissages.

Tout d’abord, on apprend quelque chose toujours dans un but. Ce but est propre à chacun, cela peut être par plaisir d’apprendre, pour faire plaisir à son institutrice ou à ses parents, pour avoir un métier et gagner sa vie, pour le plaisir de la découverte, etc. Tous ces buts ont un point commun, je vous laisse deviner lequel…

Ils servent à s’adapter à l’environnement et à survivre. Pour notre survie, sur la Terre à l’heure actuelle, il est important d’apprendre à se déplacer, marcher, parler, compter, etc. Cela permet d’aller vers les autres, de faire partie de la société, d’avoir un métier et donc de pouvoir acheter à manger… Bref vous voyez où je veux en venir.

cerveau-muscuD’ailleurs, les apprentissages qui n’ont pas d’intérêts à nos yeux et de finalités sont beaucoup plus difficiles à acquérir puis mémoriser, et il faut de la volonté (et une motivation) pour les apprendre puis on les oublie bien vite dès que l’objectif/but disparait.

Pour satisfaire un but, il y a deux sources d’apprentissage :

  • Source génétique / hérédité :

L’apprentissage est prédéterminé génétiquement, mais il faut néanmoins mettre les conditions de son côté pour apprendre. Par exemple, tous les enfants acquièrent la capacité à rester assis « la station assise » vers l’âge de 6mois. C’est déterminé génétiquement car c’est commun à toute la population humaine. Chaque enfant aura pourtant sa façon d’apprendre à se tenir assis.

Le déterminant génétique ne fait pas tout, si l’enfant a un trouble qui l’empêche de maitriser ses muscles posturaux, il aura des difficultés à acquérir cette compétence.

  • Source individuelle :

On a tout un chacun des capacités individuelles d’apprentissages et heureusement.

Il y a deux possibilités

– Progrès individuel :
Cette femme s’entraine. Elle a la volonté et la motivation pour se surpasser.

Il s’effectue par la répétition d’un mouvement ou d’une action. On apprend lors de chaque répétition.

La perception s’affine au fil des répétitions permettant ainsi la progression et la mémoire de l’apprentissage. Les compétences perceptives sont primordiales pour apprendre.

Le progrès individuel (dépendant donc de la répétition) a la particularité d’être sensible aux renforcements.

Un renforcement est le fait de modifier la fréquence d’apparition d’un évènement. Il peut être interne : cela me fait plaisir d’apprendre et de réussir, ou externe via des compliments, encouragements et récompenses de l’entourage.

Le renforcement peut augmenter ou faire baisser la fréquence de répétitions. Il est alors positif (sentiment de réussite, encouragement) ou négatif (sentiment d’incapacité, brimades).

– Apprentissage par imitation/observation :
Les jeux type « dinette » permettent aux enfants d’imiter les adultes de façon différée, seul ou à plusieurs et ainsi d’apprendre en s’amusant.

L’imitation est source d’apprentissage. On apprend beaucoup en observant autrui que ce soit une imitation spontanée d’une personne qui nous entoure, ou une observation plus dirigée : le maitre qui montre aux élèves comment faire une addition par exemple.

La faculté d’imitation est présente dès le plus jeune âge (déterminée génétiquement). Un nouveau-né peut produire des imitations faciales à quelques semaines de vie.

On a donc vu ici, les différentes possibilités d’apprentissage.

Ces différents facteurs d’apprentissage s’entremêlent sans cesse, par exemple j’ai un déterminant génétique pour apprendre à marcher, je suis en capacité de le mettre en œuvre, je vois un copain à la crèche marcher, par imitation, je souhaite apprendre aussi, j’essaie et je répète le mouvement jusqu’à y arriver.

On constate aussi l’importance d’être dans de bonnes conditions pour apprendre, il faut :

  • Des prérequis qui permettent d’acquérir les compétences souhaitées.
  • De bonnes capacités perceptives et sensorielles pour apprendre et rectifier l’apprentissage.
  • Un entourage étayant et valorisant via des renforcements positifs et source d’imitation.

En séances de psychomotricité, le psychomotricien réunit toutes ces conditions afin de débloquer un apprentissage qui rencontre une difficulté.

Il faut via le bilan, comprendre où cela pêche, est-ce un prérequis non acquis ? Est-ce un manque de but ou de compréhension de celui-ci ? Est-ce d’autres problèmes qui accaparent l’attention et troublent cet apprentissage ? Est-ce un manque de confiance en soi ?

Bref, le psychomotricien va avec l’aide du patient, faire un bilan psychomoteur pour comprendre ce qui ne va pas -sans jugement- puis s’ensuit la définition d’objectifs à atteindre ensemble.

Le travail avec un psychomotricien est une aide formidable qui permet de comprendre où ça ne va pas et d’apporter un espace thérapeutique pour que l’apprentissage soit possible et adapté, mais il ne peut rien faire seul. C’est une collaboration avec le patient pour le guider dans l’apprentissage souhaité.

Le psychomotricien, auxiliaire de la médecine

Le psychomotricien, auxiliaire de la médecine

Le psychomotricien, auxiliaire de la médecine

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Comme mentionné ici, le psychomotricien est un spécialiste de la psychomotricité.

Le psychomotricien est un auxiliaire de la médecine, c’est-à-dire qu’il agit sur prescription médicale uniquement. Les séances de psychomotricité sont un soin médical non médicamenteux.

Ce statut d’auxiliaire de la médecine témoigne de l’utilité et de l’efficacité du soin, chaque psychomotricien est autonome pour définir les besoins et projets personnalisés pour chaque patient et le moyen d’y parvenir.

Parmi les auxiliaires de la médecine, on retrouve également : les infirmières, les kinésithérapeutes, les orthophonistes, les pédicures-podologues… Le psychomotricien fait partie de cette grande famille.

A l’instar des autres professions paramédicales, il est diplômé d’état d’une école de psychomotricité. Pour entrer dans ces écoles, cela se fait via un concours sélectif, puis les études durent 3ans. Cf : Devenir psychomotricien

Le champ de compétence du psychomotricien est défini dans le décret d’acte n°88-659 datant du 6 mai 1988 ci-dessous :

Article 1 :

Les personnes remplissant les conditions définies aux articles 2 et 3 ci-après sont habilitées à accomplir, sur prescription médicale et après examen neuropsychologique du patient par le médecin, les actes professionnels suivants [*compétence, attributions*]:

  1. Bilan psychomoteur.
  1. Education précoce et stimulation psychomotrices.
  1. Rééducation des troubles du développement psychomoteur ou des désordres psychomoteurs suivants au moyen de techniques de relaxation dynamique, d’éducation gestuelle, d’expression corporelle ou plastique et par des activités rythmiques, de jeu, d’équilibration et de coordination :

– retards du développement psychomoteur ;

– troubles de la maturation et de la régulation tonique ;

– troubles du schéma corporel ;

– troubles de la latéralité ;

– troubles de l’organisation spatio-temporelle ;

– dysharmonies psychomotrices ;

– troubles tonico-émotionnels ;

– maladresses motrices et gestuelles, dyspraxies ;

– débilité motrice ;

– inhibition psychomotrice ;

– instabilité psychomotrice ;

– troubles de la graphomotricité, à l’exclusion de la rééducation du langage écrit.

  1. Contribution, par des techniques d’approche corporelle, au traitement des déficiences intellectuelles, des troubles caractériels ou de la personnalité, des troubles des régulations émotionnelles et relationnelles et des troubles de la représentation du corps d’origine psychique ou physique.

Article 2

Peuvent accomplir les actes professionnels énumérés à l’article 1er les personnes titulaires du diplôme d’Etat de psychomotricien ainsi que les ressortissants d’un Etat membre des communautés européennes non titulaires de ce diplôme, qui ont obtenu une autorisation dans les conditions et selon les modalités définies aux articles 2-1 à 2-6.

Comme on le voit ci dessus, le champ d’application est large et varié. Cela fera l’objet d’une autre page mentionnant les champs d’application du psychomotricien ici.

Qu’est-ce que la psychomotricité ?

La psychomotricité, une approche globale de l’être humain

equilibre

La psychomotricité est une discipline qui étudie le fonctionnement psychomoteur de l’être humain.

Elle prend en compte les aspects corporels et psychiques de l’individu, les deux étant intimement liés. C’est une approche globale de l’individu.

Détaillons un peu plus ces différents aspects :

Au niveau corporel, on retrouve :

  • La sensorialité : C’est comment je ressens et perçois mon corps. Je ressens sur mon corps des variations de température, de pression, de sensations (rugueux, doux, …), je vois, j’entends, je sens, je goûte, je ressens mon état musculaire.
  • Le tonus : C’est l’état de tension de mes muscles, permanent (donc toujours en tension) mais variable dans le temps. Il permet la réalisation de l’acte moteur (le mouvement) et est en lien avec les émotions.
  • Le schéma corporel : C’est la capacité de savoir où se trouve mon corps, comment je suis positionné grâce à une carte mentale alimentée par mes perceptions.
  • La coordination : C’est la capacité à coordonner mes mouvements pour exécuter un geste appelé praxie. La capacité de dissociation des mouvements étant une coordination complexe.
  • La gestion de l’équilibre : cette capacité permet notamment de tenir debout, cela tient compte de multiples informations, comme celles de l’oreille interne, du cervelet, de la vue et des ressentis corporels.
  • La motricité fine : c’est la capacité à réguler son tonus très finement pour pouvoir exécuter des gestes précis.
  • La graphomotricité : c’est la capacité d’écrire manuellement (geste graphomoteur), qui constitue un des exercices de motricité fine les plus complexes.
  • L’espace : c’est la capacité à percevoir l’espace qui nous entoure, à le structurer, à l’organiser et à s’orienter.
  • Le temps : c’est la gestion des rythmes internes et externes, permettant alors de pouvoir se mouvoir au bon moment (anticipation et adaptation posturale pour attraper un ballon au bon moment)
  • Les capacités cognitives : capacités de maintien de l’attention, des fonctions exécutives, la mémoire, fonction intellectuelles, capacités visuo-spatiales, la communication, …

Au niveau psychique, on retrouve :

  • Les émotions : comment on les exprime, les reconnaitre si elles sont bloquées ou si elles s’expriment par le corps…
  • L’investissement corporel : comment on se positionne dans la relation, dans l’espace d’une pièce…
  • La communication : cela comprend la communication verbale mais surtout non verbale dans laquelle le corps s’exprime
  • Le lien relationnel : comment on construit des liens avec les autres et on entre en relation
  • La confiance en soi et l’estime de soi 
  • L’ image du corps : image que l’on a de son corps et qui varie dans le temps au fil des rencontres, par exemple je peux me sentir belle et attirante si je me fais draguer ou au contraire peu attirante si je viens de finir mon ménage en tenue d’intérieur.

La psychomotricité est le domaine d’expertise du psychomotricien, titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricité, auxiliaire de la médecine. (Cf. qui est le psychomotricien).

Il dresse un bilan des fonctions psychomotrices et établit un projet thérapeutique pour pallier une difficulté rencontrée.